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jeudi 13 janvier 2011 à 20h

Projection débat avec l'hôpital Marchant "Un monde sans fous"

Projection unique suivie d'un débat avec des représentants de Marchant sous la tente, campement de protestation contre la psychiatrie comptable et sécuritaire installé devant le Centre Hospitalier Marchant à Toulouse (achetez vos places à partir du Mercredi 5 Janvier).

UN MONDE SANS FOUS ?

Film documentaire de Philippe BORREL - France 2009 53mn vidéo

TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 4€

Au départ, il y a cet élan humaniste apparu au sortir de la seconde guerre mondiale, qui vise à ouvrir les asiles. Ainsi, pendant plus de 40 ans se développe une psychiatrie « désaliéniste » : on permet aux fous d'aller et venir hors des hôpitaux, ils vivent dans la société, peuvent l'enrichir ou au moins y trouver leur place. Ensuite, il y a ces fermetures de lits en psychiatrie publique, 50 000 depuis les années 1970, et une institution débordée pour accueillir ceux qui, faute de soins, se retrouvent à la rue ou parfois même en prison.
Alors, juchée sur ce constat et dans un glissement sémantique bien senti, la folie, dans la bouche de nos dirigeants, est devenue une vraie maladie, une maladie qu'on soigne, qu'on éradique comme un virus grippal trop dangereux. Vous comprenez, la folie ça ne sert à rien et les belles idées, ça coûte des sous, aujourd'hui le temps presse, bienvenue dans l'ère de la « Santé mentale » !

Philippe Borrel dans son film va à la rencontre de ceux qui vivent cette folie : les patients, le personnel soignant mais aussi les spécialistes qui pensent la folie et pas toujours selon les mêmes critères, nous le verrons. On découvre, effrayé, les nouvelles technologies de la neuropsychiatrie, un pendant du courant comportementaliste qui nous contraint à ne plus délirer du tout, ça fait un tabac outre-Atlantique et ça arrive chez nous. Philippe Borrel s'en va filmer les élèves d'une école italienne que l'on teste avec un logiciel qui permet (à coup sûr…) de dépister la folie chez l'enfant. Ça ressemble de très près au test qui détecte les répliquants dans Blade Runner sauf que là ce n'est pas une fiction et qu'il s'agit de gamins de CE2. On parle même d'un pacemaker cérébral qui rectifie les émotions, plus moyen d'être dépressif, paraît même qu'avec ça on a accès à la 3D sans lunettes… Un bonheur insoutenable…

MARCHANT SOUS LA TENTE : « Un monde sans fous » cela n'existe pas. La société aujourd'hui veut bien supporter « l'idiot du village », « l'original du quartier » ou encore le « doux dingue » car ceux-là sont perçus comme inoffensifs. Par contre, le « fou » qu'elle ne veut pas voir c'est celui qui fait peur et qui est étiqueté comme forcément dangereux. Combien de fois faudra-t-il rappeler qu'il y a moins de criminels dans la population des malades mentaux que dans la population générale ? Faut-il encore une fois insister sur le fait qu'il s'agit d'êtres humains qui souffrent et sont laissés à l'abandon, hors soin pour la plupart car le système de soin est devenu complètement impuissant à répondre à la demande faute de professionnels ?
Le 18 octobre dernier, solidaires du mouvement de protestation contre le projet de loi de réforme des retraites et excédés par la gestion de la pénurie de personnel soignant pratiquée par sa direction et les tutelles, le personnel de l'hôpital Marchant a décidé d'installer un campement devant l'entrée de l'hôpital. Ras le bol de courir d'un service à un autre pour palier partout le manque de personnel. Ras le bol d'être montrés du doigt par les médias et considérés comme des tortionnaires juste bons à piquer et à enfermer.
Cette forme d'action a été choisie car elle ne pénalise pas les usagers (les soignants trop peu nombreux sont quasiment tous assignés et donc viennent sous la Tente avant ou après leur service ou, la plupart du temps, sur leurs repos). La Tente est aussi un espace de rencontre et d'échange très riche (du passant curieux au représentant syndical mandaté pour apporter un soutien, en passant par des anonymes qui participent spontanément sous forme de dons …). Nous avons constaté, au gré de ces échanges, que de nombreux hôpitaux nous observaient attentivement, étant eux-mêmes en grande difficulté et souhaitant trouver un moyen d'agir pour changer cela.
La Tente nous a également permis d'inscrire cette lutte dans la durée, démontrant ainsi que les réponses aux revendications pouvaient évoluer en faveur des professionnels et donc de la prise en charge des patients, à mesure que le rapport de force s'installe. Les avancées se font toutefois au compte goutte, nos interlocuteurs semblant parier sur l'épuisement du mouvement, ce qui fonctionne pour certains mais redouble la colère de nombreux autres.
Notre détermination prend également sa source dans notre conscience professionnelle. Nous refusons de devenir des exécutants de prestations facturées à l'acte ou des geôliers et voulons rester des soignants, agents de service public, capables de prendre en charge la souffrance psychologique et la maladie mentale de patients, qui devraient être considérés comme des citoyens à part entière.
Alors si, à l'heure où vous lisez ces lignes, le campement existe encore, c'est que nous n'avons pas obtenu les garanties suffisantes à une évolution positive de la prise en charge des patients tant en psychiatrie qu'à l'hôpital général. Passez-nous voir, nous soutenir et amenez vos idées, vos envies d'un monde plus humain. http://marchantlatente.canalblog.com

Source : http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index....



Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/1072

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