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jeudi 26 mai 2011 à 19h45

Projection/Débat : Bébés

Jeudi 26 Mai à 19h45 à Tournefeuille, soirée Petite Enfance organisée par le collectif Midi-Pyrénées Pas de bébés à la consigne (achetez vos places à partir du 18 Mai). Projection unique suivie d'une rencontre avec Corinne Chaillant, présidente de la FNEJE qui présentera Le Plan d'Urgence pour l'accueil de la petite enfance, et Marie-Laure Cadart, médecin et anthropologue, co-auteur du Livre noir de la petite enfance.

BÉBÉS

Thomas BALMÈS - documentaire France 2010 1h16mn - avec Ponijao, Tarererua et Hindere (Namibie), Mari, Seiko et Fumito (Japon), Hattie, Suzie et Frazer (Etats-Unis), Bayarjargal, Mandakh et Purev (Mongolie)...

Du 26/05/11 au 26/05/11 à Tournefeuille

BÉBÉS
TARIFS :

TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 4€

Quand notre envoyé spécial est revenu enthousiaste de la première projection de presse de cet (a priori) improbable Bébés, on s'est d'abord un peu méfié. Il est vrai que nous avions quelques raisons légitimes de douter : une affiche pas vraiment inspirée tirant vers la pub pour des petits pots et, surtout, une tendance naturelle de notre éclaireur à s'extasier spontanément comme une jeune donzelle (qu'il n'est pourtant pas, loin s'en faut) devant les mimiques et prouesses innocentes de bambinos aux visages d'anges. Et pourtant, un deuxième avis se voulant plus distancié est venu conforter cet enthousiasme premier : Bébés est un vrai film documentaire qui tient vraiment le coup. On ose même écrire qu'il s'agit là d'un documentaire animalier, observant dans son milieu naturel une même espèce dans des environnements et cultures différents. Sans aucune voix off pour parasiter la nature du projet, avec un montage intelligent qui laisse au spectateur la possibilité de faire ses interprétations, sa propre construction, son analyse. Emouvantes, drôles, quelquefois pathétiques, les images racontent la même histoire qui se répète depuis la nuit des temps : celle du petit d'homme qui découvre le monde et les autres, celle du lien qui se tisse dans le cocon familial, premier refuge, mais aussi premier terrain de jeux, de dangers, de découvertes et d'apprentissages.

Quatre bébés, quatre pays, de la naissance aux premiers pas. Voyage de la Namibie aux Etats-Unis, en passant par la Mongolie et le Japon, on découvre la vie de ces quatre bébés, deux filles et deux gars, parité oblige. Ici, l'opulence arrogante d'un monde où l'enfant désiré et programmé est roi, la débauche des jouets dans les supermarchés et des parents qui s'extasient un peu bêtement (si si, c'est vrai) devant les prouesses de leur progéniture, toujours prêts à s'embarquer pour leur épanouissement dans des domaines où, heureusement, le ridicule ne tue pas (tous ceux qui ont lu Marcel Ruffo ou Laurence Pernoud se retrouveront dans la séquence mémorable de comptines enfantines). Là-bàs, la vie qui suit son cours au milieu des vaches, des chèvres et du travail des mamans qui ne connaissent pas le congé maternité, les jouets bricolés avec trois bouts de ficelle, les astuces d'un bon sens déconcertant qui mettraient au chômage tous les fabricants d'objets NF en matière de sécurité domestique. Et partout, les mêmes premiers pas, les mêmes sourires, les mêmes pleurs, les mêmes attentions, les mêmes gestes de découverte, d'agacement, la même insouciance.
La vie est filmée comme elle vient, avec l'entourage, parents, frères ou sœurs, et l'environnement, steppes, hutte de fortune, appartement bobo, plaines arides ou mégalopoles.

Au final, si l'on est touché par cette vision universelle des premiers mois de la vie humaine, il en ressort aussi un sentiment étrange et peut-être un peu dérangeant pour les spectateurs occidentaux que nous sommes : tendu comme un miroir sur nos modes de vies inondés d'objets superflus et envahi par des besoins que l'on croit (à tort ?) vitaux, le film est une belle leçon de simplicité et d'humilité pour tous les parents stressés, obnubilés par le développement psychomoteur, les apprentissages précoces, la stérilisation du milieu ambiant ou la sécurité. Et si l'on se doute bien que la pauvreté, les carences, les difficultés de scolarisation ou les maladies viennent nuancer la vision superbe et peut-être un peu idyllique des bébés de Mongolie ou de Namibie, on se dit toutefois que la vraie voie doit sans doute se trouver quelque part entre ces deux visions du monde… en prenant le meilleur de chacun, rejetant le plus superflu, le plus nocif pour les années à grandir de ces bébés…

Au printemps 2010, le gouvernement est passé en force contre le monde de la petite enfance largement mobilisé. Aujourd'hui, les professionnels n'ont pas renoncé. Regroupés en collectifs dans toute la France, ils continuent à faire des propositions, à mener des actions. Des élus, des spécialistes de l'enfance sont venus apporter leur soutien. Le collectif parisien vient enfin d'être reçu à deux reprises par le ministère. Face à la déréglementation tous azimuts, à la marchandisation de ce secteur, un Plan d'Urgence des métiers de la petite enfance est exigé. Venez vous informer et en débattre avec nous.

Source : http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index....

Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/1965