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jeudi 28 mai 2026 à 18h

S’émanciper du capitalisme? Le bricolage comme manière subversive d’être au monde

Avec Fanny Lederlin, docteure en philosophie politique et autrice, et Guillaume Sabin, ethnologue, auteur et magasinier valoriste dans une recyclerie des matériaux

Dans ce séminaire de l'Atécopol, il ne s'agira pas de discuter du bricolage comme d'une pratique de loisir dans l'éventail des activités DIY. Nous aborderons le bricolage comme une manière subversive d'être au monde dans une perspective d'émancipation du capitalisme. Une fois ce premier éclaircissement posé, qu'appelons-nous concrètement "bricolage" ? Est-ce une manière d'économiser des matériaux ? Un mode de vie ? Un idéal de société ? Si la "logique du bricoleur" propose une voie émancipatrice que l'on oppose souvent à une "logique de l'ingénieur", notamment par sa praxis singulière, cette séance interrogera en premier lieu le rapport au travail. Que devient le travail dès lors que l'esprit est aussi nécessaire que les mains, que les moyens priment sur les fins et que le temps ne compte plus de la même manière ? Plus encore, nous discuterons des liens entre bricolage et écologie. Que peut le bricolage dans un monde abîmé qui demande chaque jour davantage à être réparé ? Que fait le bricolage à nos relations aux êtres vivants et aux choses ? Enfin, on questionnera les liens entre bricolage et transformation sociale. Le bricolage est-il une pratique de résistance ? Constitue-t-il une alternative pérenne et désirable ? Que dit-il des changements possibles à l'échelle sociétale ?

Les deux intervenant·tes de cette séance de sémécol s'appuieront sur des cas concrets - le film "Wall-E" (Andrew Stanton, 2008) ou les parcours de personnes ayant choisi des modes de vie hors du travail classique - pour présenter leurs travaux sur la dimension libératrice et subversive du bricolage. Fanny Lederlin est philosophe et auteure. Après quinze ans de vie professionnelle dans le domaine de la communication, elle a repris des études qui l'ont menée au bout d'un doctorat de philosophie politique. Elle explore désormais les voies d'une critique « interstitielle » permettant d'ouvrir des espaces de liberté et de viabilité dans un monde abîmé et dominé par des logiques instrumentales et solutionnistes. Le « bricolage » est l'un de ces chemins. Fondé sur l'expérience pratique consistant à « faire avec les moyens du bord » et articulant l'attention pour les choses et le soin des êtres vivants, le bricolage se présente en effet comme une manière de penser et d'agir capable de nous aider à « remettre la main » sur le monde. Elle est l'auteure de Les dépossédés de l'open space (Puf, 2020), Éloge du bricolage (Puf, 2023) et Critique en crise (Puf, 2025). Guillaume Sabin est ethnologue et magasinier valoriste dans une recyclerie des matériaux. Formé dans le champ de l'éducation populaire, il continue aujourd'hui d'y œuvrer à titre bénévole. Une expérience qui l'amène à passer deux années en Argentine auprès de mouvements paysans autochtones. Ce travail de terrain de longue durée s'inscrit dans le cadre d'une thèse en sciences sociales avec l'Université de Buenos Aires et en ethnologie avec l'Université de Bretagne occidentale. Il est enseignant-chercheur de 2010 à 2022 à l'Université Rennes 1 où il travaille et enseigne les questions de pédagogies à visée émancipatrice. Il est membre associé du laboratoire CNRS Arènes. Il est l'auteur de Dévier. Économie de l'émancipation & écologie des relations (Libertalia, 2025), La Joie du dehors, essai de pédagogie sociale (Libertalia, 2019) et de L'Archipel des Égaux, luttes en terre argentine (PUR, 2014).

Une séance animée par Jean-Philippe Decka (i3-CRG, École polytechnique) et Emilie Letouzey (revue Terrestres)

Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/35130
Source : https://atecopol.hypotheses.org/15159https://…
Source : message reçu le 7 mai 22h