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vendredi 19 juin 2026 à 19h

Soigner la psyché autrement : psychothérapie institutionnelle et anti-psychiatrie

Les 19 et 20 juin 2026, démarreront, en même temps que la discussion que l'on vous propose vendredi à la Mauvaise Foix, les 41ème rencontres de Saint-Alban.

Saint-Alban, ça peut ne pas vous parler. Il est même probable que ce soit le cas, même si vous travaillez dans le secteur de la psychiatrie, que vous êtes aidant ou même concernée par un accompagnement en santé psychique. Il s'agit pourtant d'un lieu important dans l'histoire de la psychiatrie. Saint Alban, c'est un hôpital créé en 1821, d'un genre différent de l'asile, contre lequel il s'inscrit à son époque, mais aussi assez différent de nos MAS/FAM/IME/IMPRO etc. (les institutions actuelles de la psychiatrie dite de secteur). Différent pourquoi ? Notamment par sa tentative de pratiques autogestionnaires par les patients accompagnés dans l'hôpital.

En 2026, s'y tiennent donc des rencontres dont le thème est : « Le Corps dans l'âme », et les organisateurs de citer : Pierre Delion (2010) "Une psychiatrie sans corps est aujourd'hui une position intenable sinon dangereuse pour les patients, pour les soignants, mais également pour la psychiatrie elle-même". On gage que la psychiatrie, désincarnée, s'en remettra. C'est sans doute moins le cas des personnes qui, divisées entre des pathologies physiques et une maladie psychique sont traitées de façon parcellaire par l'application de protocoles ad hoc. Au-delà des positions de principe, comment traite t'on réellement les corps dans le secteur de la psychiatrie ? A qui appartiennent ces corps ? Quid du consentement ? Quels tests et objectification des corps pour les besoins de la science ?

Le goût du corps peut venir étayer les vecteurs d'empathie et de tendresse premières à une nécessaire humanisation du soin. Pour cela, tomber les gants, les blouses, autant d'instruments qui matérialisent la barrière entre soignantes et soignées, abolissant le toucher, faisant de nous des représentantes anonymes et dé-responsabilisées de nos institutions. Que représente t'on, quand on met une blouse ? Comment cela agit-il sur notre accompagnement ? L'instauration d'une relation horizontale est elle envisageable quand la barrière est à ce point visible et le sensible tenu à distance -professionnelle ? Notre travail s'est transformé. Il est devenu application de protocoles de soins désincarnés, protégés et uniformisés par la posture donnée par le port de ces équipements, et ne va plus trop chercher de ressources de soins dans la relation qui se crée.

On pourra aussi parler des pratiques de contention et d'isolement. Ces pratiques servent-elles toujours et uniquement la protection des personnes accueillies ? Ont-elles d'autres fonctions ? Celle de protéger les soignants en sous nombre ? Sont-elles parfois mesures de confort dans des services où l'accompagnement psy est devenu un travail comme un autre, et plutôt accessible sans formation ? On pourra faire une digression sur les luttes syndicales, aussi : défendre des conditions de travail rémunératrices et limitant l'épuisement, ça oui. Mais qu'en est-il de ne pas omettre de lutter, dans le même temps, pour des conditions d'accueil et de soin dignes pour des personnes rarement capables de le faire elles-mêmes ?

Alors, depuis notre métier de travailleuses au sein de structures d'accueil spécialisées pour personnes handicapées moteur ou psychique, on vous invite à explorer tout cela. En abandonnant nos postures professionnelles, si nous en avons, pour essayer de mettre en commun, sur un pied d'égalité, nos idées, nos pratiques, nos vécus, nos savoirs.

C'est vendredi, le 19 juin, à 19h30 à la Mauvaise Foix.

Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/35387
Source : message reçu le 17 juin 20h