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vendredi 23 octobre 2026 à 19h

Lancement d'une AG de lutte TBPGQIA+

La remontée en puissance des idéologies réactionnaires en est bien la preuve : l'histoire n'est pas une marche continue vers le progrès. C'est un tracé qui avance, recule, bifurque, s'arrête, fait demi-tour, saute, mais ne suit pas une ligne droite. Ça fait un moment maintenant que le bruit des bottes retentit à nouveau et piétine au passage la mémoire des horreurs de la seconde guerre mondiale. Bref, en un mot : c'est la merde.

Bien sûr, c'était déjà la merde avant. Plutôt qu'une rupture avec la sacro-sainte démocratie occidentale, il s'agit d'un grand coup d'accélérateur vers un système toujours plus militarisé. On ne sait plus trop comment gérer la dissonance cognitive devant la possibilité d'une 3ème guerre mondiale, le génocide en cours en Palestine, le réchauffement climatique, la hausse flagrante des violences racistes et queerphobes, l'incitation à mourir des personnes handi.e.s par la loi sur l'aide à la fin de vie...

Ces dernières années nous ont mis claque sur claque. L'arrivée de Meloni au pouvoir et son attaque de l'homoparentalité, les promulgations de lois transphobes en Angleterre et aux USA, le déterrement de lois criminalisant l'homosexualité issues des législations coloniales notamment au Sénégal, les dernières perquisitions et arrestations en Turquie, l'interdiction de la propagande LGBT aux enfants en Hongrie, sans parler du "terrorisme LGBT" en Russie...
Côté français, les fachos s'organisent aussi, toujours selon le même schéma : la protection des enfants. La campagne du RN contre les enfants trans n'a rien d'anodin : c'est dans la continuité d'autres offensives réactionnaires partout dans le monde. Et bien sûr, une suite logique du mouvement contre le mariage pour tou.te.s, contre la PMA, etc. Inspirée par les valeurs de la nouvelle droite, le fascisme d'aujourd'hui semble investir massivement son fric dans la culture, l'éducation, et ne plus se limiter aux enjeux électoraux.

Le capitalisme s'est redoré le blason pendant des années à grands coups de pink-washing. Que nombre d'entreprises retournent leur veste depuis la réélection de Trump est certes choquant, mais pas si étonnant. L'argent n'a pas de couleur, comme on dit : business is business. Malgré les changements législatifs ou commerciaux, les mentalités ne changent pas forcément, même si les sondages disent parfois l'inverse : on appelle ça l'effet de désirabilité sociale. Le vent tourne, l'odeur se révèle : il est de moins en moins mal vu d'être raciste et queerphobe, en témoignent la hausse des agressions (physiques ou verbales) et les discours de plus en plus décomplexés dans les médias.

Construire son rapport au monde à travers la honte laisse des traces, et beaucoup de queers souffrent de symptômes de stress post traumatiques sans même avoir subi (elleux même) d'agressions directes (bien que pour cela, il faudrait déjà qu'on soit capable de les nommer et qu'on arrête de les banaliser).
Les queers restent plus susceptibles d'être psychiatrisé.e.s, mais aussi d'être incesté.e.s, ou agressé.e.s sexuellement avant leur majorité. On parle d'un pd mort par jour du chemsex et d'un guet-apens par semaine via grindr. Les agressions et/ou meurtres des personnes transfems défraient souvent la chronique, reléguées à de simples faits divers avec des détails super glauques, pour attiser la curiosité morbide et transphobe des lecteurices. Les idées suicidaires (67%) ou tentatives de suicide (34%) des personnes trans entre 16 et 26 ans explosent les records. Le harcèlement reste monnaie courante et coûte parfois la vie, comme dans l'affaire Caroline Grandjean (lesbophobie). Rien qu'au travail, la moitié des queers reste au placard auprès de ses collègues et de sa hiérarchie.

Au milieu de tout ça, les nouvelles présidentielles arrivent. Les campagnes ont déjà commencé, et quoiqu'il se passe, on va en prendre plein la gueule, entre l'instrumentalisation des identités queers et racisé.e.s d'un côté, et la promotion de valeurs identitaires et réactionnaires de l'autre côté. Il ne s'agit pas de relativiser tout l'échiquier politique non plus : l'hypothèse d'une gauche au pouvoir est bien moins tétanisante qu'une continuité de la droite voire de l'extrême droite. Mais la gauche au pouvoir ne rime pas non plus avec victoire : c'est toujours vivre dans un monde régi par l'autorité et le fric, la propriété privée, la police et l'armée, les centres de rétentions, les prisons, le travail et l'exploitation...

Et si on se (re)parlait de perspectives révolutionnaires ?
S'offrir des lieux de débats, de coordination, de réflexions, de critiques de nos manières de faire, de nos idées ? Déplacer la focale du débat électoral, "voter ou ne pas voter", par une voie qui nous est propre, que l'on construirait à notre façon, dans nos temporalités, sans politicien.ne.s ni chef.fe.s ?
Des choses à faire, il y en a potentiellement plein : s'organiser sur son lieu de travail, créer des réseaux de soutien, des espaces de parole, organiser des rassemblements ou manifs, faire du soin communautaire, continuer à faire exister les vécus queers à travers des lieux, des discussions, des événements culturels, ou bien autour de livres ou de podcast, recouvrir les rues de stickers, de tags ou d'affiche... libre à chacun.e de trouver ce qui lui paraît pertinent pour se visibiliser et lutter, dans la vie de tous les jours comme dans les mouvements sociaux actuels !

On va pas se mentir : les réseaux queers comme militants ou anti autoritaires reproduisent une blanchité majoritaire et un validisme peu réfléchi. La question de la classe y est peu abordée, et les personnes aromantiques / asexuel.le.s souvent mis.es de côté.
Étant seul à proposer cet espace, il y aura plein d'impensés, de trucs brouillons... j'aimerais qu'une partie de cet espace permette de se questionner là dessus, pas faire comme si de rien n'était, et avancer ensemble (ou séparément), conduire à de la solidarité réelle entre tou.te.s... Bien sûr, pas besoin d'être un.e super militant.e pour venir : si cet appel te parle, tu as ta place ! ;)

Au programme, donc, de cette première assemblée : une mini intro, puis un départ en petits groupes (5-10min) pour échanger rapidement avec quelques personnes de nos envies et/ou besoin de mixité choisie dans cet espace. Ensuite, on prend 5-10min pour recenser les envies / besoins de mixité choisie, organiser et séparer les groupes et les espaces. A partir de là, la proposition est plus libre : parler de ce qui nous fait envie, de projets, d'idées, d'à quoi pourrait servir cette AG (30min)... Une fois écoulées, ça fera environ 1h : possibilité de 10 min de pause si besoin (et/ou finir sa discussion en petit groupe). Puis, retour en grand groupe, on trie et on choisit ce qu'on a envie de partager à tout le monde (30min), et on parle de perspectives et pratico-pratique pour les prochaines AG (30min) : temporalités, espaces, lieu, qui l'organise, comment, etc.

Rdv le 23 à 18h45 à la Chapelle à Toulouse, 36 rue danièle casanova. Ouverture des portes à 18h45, début à 19h pétantes pour une fin à 21h (on pourra déborder si besoin, mais ça peut être cool de se "tenir" au rythme).

Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/36233
Source : message reçu le 16 octobre 16h