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jeudi 11 avril 2013 à 20h

[AMD Utopia Toulouse] Conférence - débat autour des frontières

Faut-il abolir les frontières ?

Dans le cadre d'un partenariat avec les cinémas Utopia, des soirées avec projection de film et débat seront organisées à chaque nouvelle parution de Manière de Voir en présence du responsable ou d'un auteur du numéro.

La première rencontre se tiendra à Toulouse, le jeudi 11 avril, à 20 heures, au cinéma Utopia de Toulouse. Après la projection du film d'Elisabeth Leuvrey La Traversée, Benoît Bréville animera un débat autour du Manière de Voir « Faut-il abolir les frontières ? »

Physiques, culturelles ou symboliques, les frontières continuent de fragmenter les sociétés. Elles partagent les peuples et les cultures en même temps qu'elles les rassemblent et les préservent ; elles sont source de guerres, mais constituent des espaces d'échanges et de rencontres. Menaçantes et protectrices, elles cristallisent « deux manières de se perdre ».

Lire également : www.cinemas-utopia.org

Tarif d'entrée (Normal) : 6€

Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/5505
Source : https://www.facebook.com/LesAmisDuMondeDiplom
Source : message reçu le 17 mars 01h

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A propos du film

Par Anonyme, le 02/04/2013 à 10:54

À propos du film


Les embruns, le soleil, la Méditerranée… Frontière : ligne définie marquant la séparation entre deux territoires. Entre la France et l'Algérie, la frontière est la mer. On peut la franchir en prenant l'avion, c'est technique, bref, aseptisé : on se cale dans son siège, on part d'un pays, on arrive dans un autre… La traversée par bateau, c'est une toute autre affaire : il y a les vagues, l'odeur, le vent qui fouette le visage, et puis surtout la durée, 24 heures à passer des ponts aux salons, des cabines aux bars, à boire des coups, à raconter des histoires, à rire, à regarder l'horizon, à rêver… Sur le bateau, nous ne sommes plus en France, pas encore en Algérie, mais entre deux rives, entre deux pays marqués par une histoire commune, compliquée, conflictuelle, le temps laisse la place à la méditation, à la rencontre, les mots sont pleins d'une émotion diffuse.

Tous les ans, des milliers de passagers transitent d'un pays à l'autre et ceux qui sont à bord sont pris entre deux appartenances : jusqu'à quel point chacun se sent-il appartenir plus à une rive qu'à l'autre ? Comment savoir où on en est vraiment ? Quelle place m'a-t-on fait par le passé ? Quelle place me fait-on aujourd'hui ? Ceux qui sont là ont des attaches des deux côtés et la chose n'est pas toujours facile à vivre, c'est une richesse mais ça ouvre les cœurs à des sentiments multiples et contradictoires : heureux et malheureux de partir, heureux et malheureux d'arriver. « Demain, je sais que je vais être au bled. Je ne le connais pas. Je me fais croire que je retourne en Algérie, que je retourne chez moi… je sais que ce n'est plus chez moi ». La traversée de cette frontière-là est comme un rite partagé par plein d'autres et pourtant chacun le vit de façon unique, question de circonstances, d'histoire personnelle. La joie et la douleur sont mêlées, les retrouvailles remuent des souvenirs qui se colorent parfois d'amertume mais aussi de douceur.

Il n'y a pas de touristes sur ces traversées-là : trop pressés, moins impliqués. La frontière ici, c'est un seuil qui se franchit en douceur, le temps d'entendre les cœurs battre et les histoires s'échanger. Elisabeth Leuvrey réussit un film sensible et superbe où peu à peu on réalise que la notion de frontière n'est pas seulement une ligne tracée pour fixer les limites d'un territoire, mais qu'elle passe aussi par les têtes, les cœurs, qu'elle coupe en deux ces femmes et ces hommes qu'on écoute. Pour ceux qui sont là, la transition semble nécessaire, comme on respecte des paliers en remontant des profondeurs marines pour laisser à l'organisme le temps de s'adapter. Frontière ? « le lieu où le monde se renverse et s'inverse ; le lieu où le monde pivote… »